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FED, BOJ et bientôt BCE, le nouveau rôle de stimulation économique des banques centrales



Consciente des risques de l’affaiblissement des économies de la zone euro et pour soutenir la croissance économique ou tout simplement l’activité économique en Europe, la BCE réoriente sa politique monétaire.

Son raisonnement part de constats comme le taux de chômage qui atteint un taux record en Europe ou encore le taux d’inflation qui se situe en deçà de 2 %. Or, ce dernier est à la base de sa politique monétaire.

Pour le mois de mars l’inflation dans la zone euro s’élevait à 1,7 % et  pourrait descendre plus encore. Mais la Banque Centrale Européenne n’a pas intérêt à ce que le taux d’inflation descende trop bas, ce qui serait un signe de dépression. Voilà pourquoi elle se doit de mettre en place une politique de stimulation de l’économie.

Le Conseil mensuel de la BCE, tenu la semaine dernière, a longtemps débattu du niveau de son taux directeur avant de le laisser à 0,75 % en attendant de mener à bien une reflexion sur la mise en place d’autres mesures moins conventionnelles.

Ce sont sans nul doute les dernières décisions de la Banque Centrale du Japon qui ont réveillé les consciences, par sa volonté proclamée d’accélérer et d’amplifier ses mesures d’assouplissement monétaire et d’augmenter ses interventions sur les marchés pour racheter les obligations souveraines.

La BCE, comme la FED américaine, s’est concentrée depuis le début de la crise financière et bancaire à régler les problèmes de liquidités des banques allant jusqu’à accepter en garantie les prêts accordés par les banques aux entreprises alors que seuls les titres des bons du Trésor étaient jusque là acceptés en contrepartie des prêts accordés par la Banque Centrale Européenne au système bancaire.

Aujourd’hui son président, Mario Draghi, a déclaré devoir «réfléchir intensément pour trouver quelque chose qui soit à la fois utile et compatible avec notre mandat» tout en sachant que la BCE ne peut recapitaliser les banques, ni réformer les États. Elle compte donc certainement baisser son taux de refinancement et, selon plusieurs analystes, un soutien aux PME serait aussi envisageable.

Ce nouveau positionnement de la BCE face à la déflation et la dépression économique est inspiré par le dernier bouleversement de  la politique monétaire de la banque centrale du Japon qui s’est engagée en deux ans à doubler la masse monétaire en circulation.

Depuis l’arrivée du nouveau Premier ministre japonais Shinzo Abe, les opérateurs, sur la base de ses promesses de campagne électorale, attendaient cette révolution. L’indice NIKKEI, longtemps en baisse, s’est redressé en un jour de 2,2 %, au plus haut sur les 3 dernières années, et la devise japonnaise a elle baissé face au dollar. Cet asssouplissement de la politique monétaire de BOJ vise un taux d’inflation de 2 %, de telle sorte que la masse monétaire en circulation passe de 138 000 milliards de yens à fin 2012 à 270 000 milliards de yens fin 2014.

La solution mise en application est le rechat en masse aux banques commerciales des actifs risqués et de porter à 7 ans contre 3 ans aujourd’hui la maturité moyenne des obligations publiques. Elle devient ainsi le premier débiteur de l’Etat et des banques commerciales, et par ricochet des agents de l’économie japonaise. Mais Bank Of Japan compte aussi diversifier ses acquisitions dans les fonds indiciels cotés et des produits immobiliers, devenant ainsi le soutien de certains secteurs comme les marché financier et immobilier. Le nouveau gouverneur, Haruhiko Kuroda, arrivé à la présidence de la Banque du Japon le 20 mars dernier, met en oeuvre une stratégie de relance de l’économie du pays en dépression depuis 15 ans. Il veut, avec le nouveau Premier ministre, concaincre les entreprises qu’il ne s’agit pas d’une politique conjoncturelle et qu’elle se perpétuera tant que la croissance de l’économie ne repartira pas.

C’est un réel choc qui vient d’être provoqué par ces décisons. Les opérateurs économiques et les marchés devraient intégrer petit à petit la hausse des prix, augmentant leurs chiffres d’affaires, créant ainsi une nouvelle dynamique économique.

Si cette bombe, venue du Japon, a réveillé la BCE et que ces deux banques centrales suivent l’exemple de la FED connue pour intervenir activement dans la relance de l’économie américaine, peut être qu’une nouvelle batterie de mesures économiques instaurées par les banques centrales s’imposerait comme solution à la dépression économique qui n’est plus propre aux pays occidentaux. On sait, en effet, qu’elle touche de plus en plus les pays émergents   riverains dont les économies sont étroitement liées à ces puissances économiques.

D’ailleurs, on peut faire le constat que depuis la crise financière et bancaire, aucune banque centrale ne se contente d’avoir une poiltique de surveillance de l’inflation, de portection de l’épargne et de supervision bancaire.

Car leur seule politique de refinancement du système bancaire par des injections massives de liquidités sous forme de prêts garantis par des titres dépasse leurs principes conservateurs antérieurs et les met au premier rang de l’incitation de la dynamique économique.

Et personne n’oserait imaginer ce que seraient devenues les économies en crise, si le système bancaire avait été laissé à la dérive.

Le rôle des banques centrales dans le sauvetage économique n’est plus à démontrer, mais elles sont en train d’aller plus loin, jouant un rôle de redynamisation économique et de relance de la croissance…

Amen!

Afifa Dassouli

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