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Bourse : Le ras-le-bol des petits porteurs



 

La Bourse et l’APSB ont organisé, le 7 mai dernier, une rencontre pour débattre des résultats 2011 du marché et des enjeux et perspectives pour 2012. La rencontre a été l’occasion de présenter les perspectives bénéficiaires du marché pour 2012 selon le  « consensus » des analystes financiers de la place. La rencontre a été l’occasion pour les petits porteurs de faire entendre leur voix. Et de quelle manière !

La rencontre organisée par la Bourse de Casablanca et l’Association Professionnelle des Sociétés de Bourse (APSB), le 7 mai dernier 2012, et ayant pour thème : «Bilan des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca : au-delà des résultats 2011, enjeux & perspectives 2012», et qui a fait salle comble, mérite d’être saluée et encouragée et ce pour plusieurs raisons. D’abord, grâce à cette manifestation, on peut désormais parler d’un « consensus du marché », étant donné que les projections sont le fait des départements de recherche de la place. Ce qui permet, au moins, d’éviter des recherches sur les perspectives du marché trop divergentes et qui finissent par dérouter les investisseurs. Globalement, le consensus laisse entrevoir que le marché devrait retrouver la croissance en 2012. Ainsi, le chiffre d’affaires, le résultat d’exploitation et le résultat net de la place devraient afficher des taux de croissance respectifs de 7,6 % (11,5 % en 2011), 7,7 % (-0,5 % en 2011) et      6,1 % (-0,6 % en 2011).

Dans ce cadre, il faut saluer la volonté des principaux départements de recherche de la place à travailler ensemble pour élaborer ce consensus.

Ensuite, cette rencontre a permis aux opérateurs du marché (Bourse de Casablanca, APSB, CDVM, etc.) d’être à l’écoute d’une frange non négligeable des investisseurs du marché : les petits porteurs. Venus en masse, ces investisseurs silencieux et longtemps ignorés lors des rencontres institutionnelles, malgré le rôle qu’ils jouent dans la dynamisation des échanges quotidiens, sont malheureusement les plus affectés par la crise du fait que l’information leur arrive toujours avec retard pour ne pas dire trop tard. Mais, ils ont trouvé, pour une fois, un terrain pour faire entendre leur voix. Et franchement, ils n’ont pas eu leur langue dans leur poche !

Parfois de façon maladroite, ils ont globalement assené certaines vérités et crié leur mécontentement sur certains fonctionnement du marché et sur cette baisse continue des cours boursiers.

Tous dans la même galère

Et dans ce jeu, tous les opérateurs du marché ont été interpellés, parfois très vigoureusement, par des petits porteurs dont certains semblent avoir «perdu» de gros montants sur le marché boursier. Ils ont globalement apostrophé les départements de recherche sur leurs recommandations contradictoires et leurs cours cibles « jamais atteints », vilipendé des conseillers au niveau des banques qui ne jouent pas leur rôle et parfois ont des connaissances très limitées du marché boursier, critiqué le CDVM qui manque de rigueur dans ses contrôles pour mieux protéger les petits épargnants, conspué des émetteurs qui ne distribuent pas de dividendes malgré les bénéfices et qui ne divulguent des informations que très rarement, voué aux gémonies des conseillers qui élaborent des business plans mirobolants qui ne sont jamais respectés, etc.

Un investisseur, outré, s’est même demandé  comment une PME pouvait distribuer 2 MDH de jetons de présence alors que son bénéfice était à peine légèrement supérieur à 4 MDH !

C’est donc un message très clair que les petits porteurs ont lancé, celui d’être plus protégés par le gendarme du marché et mieux écoutés par les professionnels et le régulateur.

En réponse, les analystes financiers ont essayé d’expliquer aux petits porteurs que la meilleure manière d’investir en bourse tout en évitant de subir pleinement les retournements du marché est de passer par des gérants de fonds, professionnels et mieux outillés pour faire face à la baisse du marché et limiter les pertes. De même, ils ont aussi souligné que la Bourse demeure le placement le plus rentable sur le long terme.

Mais, les petits porteurs ne semblent plus accorder de l’intérêt au long terme qui leur semble à une éternité. Certains même ont préféré s’approprier la maxime keynésienne à leur compte : « sur le long terme, nous seront tous ruinés ».

Bref, le débat a été houleux. Désormais, les professionnels du marché connaissent une partie des attentes des petits porteurs. Et cette rencontre va certainement contribuer à rétablir la confiance entre les acteurs du marché. Il faudra toutefois multiplier ce genre d’initiatives et faire intervenir d’autres acteurs, et plus particulièrement le CDVM afin que celui-ci puisse éclairer davantage sur son rôle et ses mutations.

Comprenant le comportement de certains de ces investisseurs, les organisateurs ont essayé à maintes reprises de calmer les esprits. M. Youssef Benkirane, président de l’APSB reconnaîtra que la crise est la faute de tout le monde : sociétés de bourse, presse, petit porteurs, émetteurs, avant de conclure, à l’adresse des petits porteurs : « sachez que nous sommes dans le même bateau, sinon dans la même galère». Seulement, les galères ont des tailles différentes…

Moussa Diop

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