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Sommet de Rome : L’Europe n’est pas sortie de l’auberge!

L’Europe a-t-elle réellement pris un tournant avec le sommet de Rome tenu jeudi dernier entre la France, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne? Une telle question s’impose du fait que ce type de réunions “prometteuses” ne cessent de se produire au lendemain de chaque grand nouveau désastre européen comme c’est le cas aujourd’hui avec la quasi-faillite de cinq banques espagnoles ou encore de l’Etat Chypriote.

En effet, avant même de parler des nouvelles mesures adoptées par ce “comité des quatre plus grandes puissances européennes” on se doit de rappeler que les précédentes situations dénoncées d’aggravation de la crise européenne n’ont guère été résolues et ne sont même pas en voie de l’être. La preuve en est avec la Grèce qui s’enfonce dans la crise et dont la résolution ne dépend pas de l’aide européenne, mais de la politique intérieure du pays, des élections, de la constitution d’un gouvernement pérenne et de ses choix économiques.

De même, les États de l’UE sont toujours endettés à des niveaux graves, jusqu’à 85 % de leur PIB, leurs déficits budgétaires frôlent les 10% pour certains et les systèmes bancaires sont toujours précaires y compris celui de la France où l’une des deux agences internationales de notation vient d’en dégrader la note la semaine dernière.

Ainsi, les résultats des politiques d’austérité ne semblent pas encore avoir porté leurs fruits en matière de redressement des agrégats macro-économiques des pays européens. Pire, sur la question de la situation économique réelle de l’Europe, on n’entend parler que des pays de la vieille Europe alors qu’en dehors de la Pologne, dont l’économie est en croissance, les derniers adhérents de l’Union, de l’est et du centre de l’Europe, peinent énormément et dépendent étroitement de l’aide communautaire.

Ce sont, certes, les marchés financiers de la dette qui ont le plus profité de cette situation, les volumes engagés pour le financement des États   sont colossaux et les taux d’intérêt explosent. Les investisseurs sont rois en matière de financement des pays, ils décident du taux et ne leur en laissent pas de choix.

C’est une véritable bulle des taux d intérêt qui est en train de se constituer.  L’ explosion des taux d’endettement des pays ne dépend plus de l’inflation mais de la prime de risque supposée évaluer l’hypothèse qu’un État soit défaillant, comme si ce la était susceptible de se produire.

Alors que la garantie des États était souveraine et suprême, elle est devenue subordonnée!

Comment donc rétablir la confiance en l’Etat? C’est ” la” question cruciale!

D’où le débat sur la nécessité que les pays  de l’Europe en crise adoptent une politique de croissance, pour sortir leurs économies du marasme, améliorer les recettes fiscales, en espérant que leur politiques d’austérité réduisent au au moins leurs dépenses, afin d’avancer petit à petit vers le rééquilibrage de leurs budgets et donc de leurs dettes.

Sauf qu’une telle théorie ne peut s’appliquer qu’aux  ” principales puissances européennes ” qui se sont réunis la semaine dernière!

Quant aux autres dont la Grèce constitue l’un des cas les plus urgents, ils ne peuvent pas suivre tant leur santé financière est en cause. C’est là où les décisions financières de l’Europe sont urgentes, tout particulièrement dans leur application. En effet, le prélèvement de 1% du PIB européen en faveur de la croissance, le renflouement du FESF ( fonds  européens de stabilité financière) lequel deviendrait le bras de refinancement ” politique” de l’Europe comme le renflouement annoncé de la BEI sont nécessaires pour le financement de l’investissement. De même, l’instauration d une taxe sur les transactions financières serait légitime pour la simple raison que les marchés financiers ont plus profité que perdu de la crise.

Quant à la mutualisation de la dette par la création des eurobonds ou obligations européennes, cela attendra certainement que le Fonds européen de Stabilité financière fonctionne. L’Europe est donc loin d’être sortie de l’auberge…

Afifa Dassouli

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