Côté sport, les députés veulent tout savoir…et, bizarrement, d’un seul coup ! L’affaire Gerets, les résultats décevants, médiocres, humiliants des Lions de l’Atlas et des athlètes olympiques lors des JO de Londres 2012, nécessitaient d’urgence des explications. Les présidents des différentes fédérations sportives convoqués en ce début de semaine au Parlement pour justement s’expliquer, n’ont pas cédé. En effet, les députés ont découvert devant eux des responsables sportifs contestataires et combattifs. Se considérant innocents, jouant à la victime, en difficultés financières…bref, ils n’ont rien expliqué , considérant qu’ils n’avaient pas de compte à rendre ! Du coup, les députés ont découvert des responsables habitués à des pratiques opaques, prônant le mécénat sans la rédition des comptes. Seulement, aujourd’hui, le seuil de l’intolérable est vraiment atteint. Les résultats catastrophiques du sport national, toutes disciplines confondues, viennent, de nouveau, démontrer l’extrême urgence d’intervenir pour arrêter l’hémorragie. L’ère de l’irresponsabilité et de l’impunité semble révolue, y compris dans le sport, celui-ci devenant de plus en plus un enjeu national majeur.
Si l’on revient à cette réunion de la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des Représentants consacrée au maigre bilan du sport marocain et à la question du dopage, celle-ci a été agitée et électrique. Le ton acerbe, les présidents des fédérations sportives n’ont pas manqué de pointer du doigt les députés, les accusant d’avoir minimisé le volet sportif dans l’action législative. Leur argument : le vote des dotations du ministère de la Jeunesse et du Sport sont qualifiées de médiocres, soit 0,57 % du budget global de l’Etat, le manque flagrant des infrastructures, les conditions salariales et sociales des sportifs, l’impunité des responsables malgré l’existence d’un rapport accablant de l’Inspection générale des Finances… Pour les responsables sportifs, ce sont là des volets parmi tant d’autres qui expliquent les désintérêt des députés, lesquels ne s’attendent qu’aux résultats. Et ces dirigeants ont eu beau jeu de dire: ‘‘ Venez chez nous pour constater de près dans quelles conditions, les jeunes athlètes marocains évoluent…’’.
Les députés, eux, qui n’ont pas du tout apprécié les remarques de certains patrons des fédérations sportives, ont quand même reconnu l’urgence de la mobilisation à tous les niveaux pour sauver le sport national. Ils ont souligné l’impératif de tirer des leçons de la médiocre participation aux JO de Londres, tout en suggérant unanimement des débats constructifs et un travail assidu pour redorer le blason du sport marocain. Pour d’autres, il faut juste châtier les coupables du scandale de dopage : ‘‘On peut comprendre un échec, mais le plus honteux c’est de revenir avec la réputation de tricheur’’, dit-on au Parlement. Mais pour Rachid Slimani, du groupe Justice et Développement, les déclarations des présidents des fédérations sportives, lors de la réunion de la commission des secteurs sociaux, ne furent qu’une tentative de justifier l’échec, puisqu’ils n’ont pas mis le doigt sur les véritables raisons de ce fiasco…Autrement dit, le débat, le vrai, ne fait que commencer.
H.Z
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